Quatre expositions, d'importance inégale, se poursuivent jusqu'au 4 février au Centre d'art contemporain à Genève. La présentation des travaux des lauréats des bourses Berthoud, Lissignol-Chevallier et Galland réserve quelques bonnes surprises, notamment la série, mariant porcelaine et textiles, que Magdalena Gerber a intitulée Metamorfoz. Une mention également à Guillaume Arlaud et à sa spectaculaire vasque emplie d'une potion brillante et frémissante.

Le doublé Christoph Büchel/Bob Gramsma se révèle décevant; l'installation des artistes comporte trop peu d'éléments permettant de se faire une idée de leur démarche. Quant au Teddy Lit aménagé par Xia et Gentil Garçon pour le jeune public, il est… gentil. Le visiteur ralentira le rythme de sa visite à l'étage occupé par les œuvres du Londonien Gavin Turk. Celui-ci use de l'autoportrait comme d'un révélateur des changements du comportement face au même personnage. La statue de cire hyperréaliste montrant l'artiste en clochard est saisissante, et renvoie le public au rôle de voyeur, intimidé lorsqu'il s'approche d'un homme brisé aux yeux mi-clos et aux vêtements sales.

Illusion

Gavin Turk recourt à différents moyens pour faire passer son message, notamment à l'illusion. Il a conçu des objets courants, aussi peu attrayants qu'un sac-poubelle, moulés dans le bronze et peints, véritables trompe-l'œil en trois dimensions. On aura compris que le message n'est pas gai et qu'il n'augure que de peu de joie pour le IIIe millénaire. L'absence et la mort sont au rendez-vous, absence de l'objet remplacé par la sculpture, mais une sculpture nullement plus belle que l'objet en question, personnage vidé de sa substance et réduit à sa misérable enveloppe.

Gavin Turk, exposition rétrospective. Bourses des Fonds Berthoud, Lissignol-Chevallier et Galland. Xia et Gentil Garçon. Christoph Büchel/Bob Gramsma. Centre d'art contemporain

(Vieux-Grenadiers 10, Genève, tél. 022/329 18 42). Ma-di 11 h-18 h.

Jusqu'au 4 février.