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Muse, en concert à Montreux le 2 juillet.

Montreux Jazz

Le géant Muse dans «l'intimité» de l'Auditorium Stravinski

Attendu de pied ferme cet été par ses fans, le groupe britannique, plutôt habitué aux stades, jouera ce samedi le premier concert d’un triplé helvétique à l’Auditorium Stravinski. Un événement à l’allure de show intimiste

En un peu plus de vingt ans de carrière, Muse s’est imposé comme l’une des figures emblématiques de la scène pop-rock. Rock dans sa formation électrique et la grandiloquence de ses prestations, pop dans sa capacité à remplir les stades et à jouir d’une réputation culte. Pour ses fans, les prestations du groupe valent le déplacement à tout prix, même noyé dans une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes. A l’instar d’icônes comme Rihanna, Adele ou encore Coldplay, le trio de Matthew Bellamy écume les stades et les arènes, se faisant de plus en plus rare dans les salles de taille humaine. En témoignent ses derniers passages en Suisse: au Stade de Suisse en 2013, à l’Expopark de Bienne en 2015 dans le cadre du Sonisphère, et en mai dernier au Hallenstadion de Zurich. Autant de dates à guichets fermés.

Etonnant d’ailleurs, après ces deux concerts ayant réuni il y a moins de mois quelque 26 000 spectateurs, de voir la formation revenir en Suisse avec son Drones World Tour pour un triplé en festivals. Si les concerts en open-air au Gurten Festival de Berne (14 juillet) et au Paléo Festival de Nyon (19 juillet) promettent aux rock-stars un terrain de jeu habituel, l’escapade au Montreux Jazz pourrait, elle, s’avérer différente. Livreront-ils un show plus épuré et «intimiste» – délaissant le temps d’une soirée leur sens de la démesure – aux 4000 chanceux ayant réussi à dégoter leur sésame pour l’Auditorium Stravinski, quelques minutes seulement après la mise en vente des billets en février? Réponse samedi soir.

D’icône rock à légende pop

Tout commence en 1994 à Teignmouth, dans le Devon, au Royaume-Uni. Les trois amis de collège Matthew Bellamy, Christopher Wolstenholme et Dominic Howard sont encore loin de se douter qu’ils vendront plus de 20 millions de disques à travers le monde et remporteront deux Grammy Awards du meilleur album rock, avec «The Resistance» (2011) puis «Drones» (2016). Pourtant, cinq ans après, Muse s’ouvre vite les portes du «Showbiz», titre d’un premier album signé John Leckie, producteur de Radiohead, et foule déjà les planches des plus grandes salles en première partie des Red Hot Chili Peppers ou des Foo Fighters. Le succès du groupe se confirmera en 2001 avec «Origin of Symmetry» et les tubes «New Born», «Bliss», ou encore l’improbable reprise du «Feeling Good» de Nina Simone, les plaçant désormais au firmament de la scène rock anglaise. Acclamé par la critique et encore chéri par les fans des débuts, ce deuxième album sous influence psychédélique reste assurément le plus abouti à ce jour.

Un an après, Muse façonne déjà sa réputation de bête de scène en sortant «Hullabaloo», une galette live accompagnée de son DVD, enregistré lors d’un concert au Zénith de Paris. L’aura des rockeurs brille, tout comme la vente de leurs albums atteint désormais les sommets au Royaume-Uni. C’est d’ailleurs cette année-là, en 2002, que les Anglais posent leurs instruments pour la première fois au Montreux Jazz. Cet amour du live, ce souci du show spectaculaire, le trio en a fait peu à peu sa carte de visite. Un credo qu’il continuera à défendre au fil des années, montrant d’ailleurs son mépris pour le play-back en ridiculisant une émission de télévision italienne, allant jusqu’à interchanger ses instruments avant de prétendre jouer en direct. Un moment culte qui ne manquera pas d’entretenir son prestige.

Concert exclusif

Ce sont finalement «Black Holes & Revelations» et ses tubes à la pelle qui permettront à la formation de Matthew Bellamy d’accéder au rang de stars et de figurer en tête d’affiche des plus grands festivals européens en 2007, sa double performance à Wembley donnant d’ailleurs naissance au cd/dvd «HAARP». Cet album finira d’implanter Muse dans le cercle fermé des rockeurs de stades aux côtés de U2, dont le trio a repris le concept de scène rotative au milieu de la foule pour sa dernière tournée. Si l’on doute que celle-ci puisse prendre place au Stravinski, le concert, lui, apparaît comme exclusif dans la carrière actuelle du groupe.

Muse à l’Auditorium Stravinski, samedi 2 juillet à 20h. www.montreuxjazzfestival.com

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