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La star du cinéma viendra créer à Genève une œuvre pour comédienne et orchestre du compositeur chilien Javier Munoz Bravo.
© Michel Edouard Leclerc

Musiques

Le GeCa, l’orchestre qui rêve

La prochaine saison du Geneva Camerata s’inscrit toujours plus sur la voie du risque musical et de la mixité des genres. Isabelle Adjani ouvrira les feux

S’il fallait décerner la palme du transformisme musical, le Geneva Camerata la remporterait haut la main. Cet orchestre pas comme les autres ose en effet mélanger sans complexes classique et création originale, rock, R&B, soul, metal, jazz, danse, théâtre d’ombres, illusionnisme, cirque, acrobatie, musiques du monde, et on en passe…

Envisager des aventures inédites fait partie de l’ADN du GeCa. L’expérience de concert chorégraphié où les musiciens dansaient en jouant Lully par cœur a ouvert l’an passé des perspectives qui s’inscrivent déjà dans la signature de l’ensemble. On n’oublie pas non plus les commandes de l’orchestre données en création mondiale ou les invitations de musiciens d’autres cultures musicales.

Expérience tatouée dans l’âme

La route? Parlons-en. Faire voyager les programmes et abattre les frontières, le GeCa l’envisage comme peu d’ensembles classiques régionaux. Jugez plutôt: l’an passé, l’orchestre a réalisé pas moins de vingt-deux déplacements, dont une tournée de 15 dates achevée à la spectaculaire ElbPhilharmonie.

La nouvelle et déjà célébrissime salle de Hambourg, complète des mois à l’avance, accueillait alors un orchestre genevois pour la première fois. C’était le 8 mars, date gravée dans la mémoire, et expérience tatouée dans l’âme de chacun.

Ajoutez à cette volonté audacieuse la nécessité de laisser une trace. Le premier CD Classical & Jazz Madness, avec le pianiste Yaron Herman, navigue aujourd’hui joyeusement en eaux libres. Pour un budget général de 1,3 million de francs, exclusivement privé, la variété de propositions et le courage programmatique du chef David Greilsammer et de sa directrice générale, Céline Meyer, sont à saluer.

Une identité singulière

La patte du GeCa? Ouverture à la découverte et aux contacts en tous genres. Engagement social aussi, avec des concerts dévolus aux personnes en souffrance ou en situation de précarité. Et réflexion humanitaire aussi, avec certains projets thématiques. On retrouvera la singularité de cette identité dans la cinquième saison qui s’annonce.

Que nous réserve-t-elle, sous le signe de la «Cité des rêves»? Des surprises, comme toujours, et des moments forts. L’événement le plus saillant se situe en ouverture de saison, avec Isabelle Adjani et Patricia Petibon. Un duo de femmes et d’artistes exceptionnelles pour un rendez-vous hors du commun.

La star du cinéma viendra créer une Nouvelle Pièce pour comédienne et orchestre du compositeur chilien Javier Muñoz Bravo. Et la célèbre soprano interviendra dans des airs d’opéras de Mozart, deux ans tout juste après la venue de son défunt époux Didier Lockwood avec la mezzo Anne Sofie von Otter.

L’art de la négociation

Comment fait donc le GeCa pour inviter de telles pointures artistiques, dont Lambert Wilson ou Thomas Hampson, qui ont aussi marqué la dernière saison? Art de la négociation pour les plus célèbres artistes classiques. Et du côté des autres genres, les célébrités semblent assez accessibles.

L’année à venir verra arriver le violoniste Gil Shaham, attendu depuis longtemps. Sa collègue Viktoria Mullova sera la soliste d’une tournée de huit concerts en Asie (Séoul, Tokyo, Taïwan, Hong Kong, Pékin et Tianjin) alors que le violoncelliste Pieter Wispelwey couvrira l’Amérique latine (Montevideo, Sao Paulo, Bogota et Medellin).

Les villes de Lisbonne, Paris, Potsdam, Mézières, Sion et Zoug seront encore visitées avec deux spectacles hors normes: la compagnie de cirque et jonglage Les Objets Volants, et le fameux concert dansé de Juan Kruz Diaz de Garaio Esnaola qui avait ébloui Genève en novembre 2017.

Beethoven en apesanteur

Pour l’incroyable, l’inattendu, le rêve et la poésie, il faudra absolument aller découvrir l’intervention de Yoann Bourgeois, magicien de l’équilibre, qui entraînera les musiciens du GeCa dans une création chorégraphiée, forcément incroyable, sur la 7e Symphonie de Beethoven, forcément jouée par cœur et en apesanteur…

Quant aux derniers croisements surprenants de l’ombromane et illusionniste Philippe Beau avec le violoncelliste Nicolas Altstaedt, ou de la très rockeuse chanteuse et tromboniste Aubrey Logan avec Gil Shaham, ils préfigurent les courts concerts Sauvages et Famille qui repoussent encore plus loin les frontières des métissages musicaux.


Renseignements: 022 310 05 45, www.genevacamerata.com.

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