Gemini

de Shinya Tsukamoto avec Masahiro Motoki, Ryo.

Figure culte de la cyberculture nippone avec des films comme Tetsuo 1 et 2, Shinya Tsukamoto quitte ses cauchemars urbains en adaptant un roman d'Egogawa Rampo situé à la campagne, dans les années 1920. Ici, un médecin vit avec sa femme et ses parents dans une demeure bientôt hantée par une présence mystérieuse. Tour à tour, les parents, puis le docteur disparaissent, mais ce dernier, séquestré dans un puits, s'aperçoit que son agresseur lui ressemble trait pour trait, comme un jumeau. Ou plutôt un double. Passé les premiers bourdonnements inquiétants de la maison possédée, Tsukamoto s'applique scolairement avec les aiguilles de son tricot sitôt lancé le thème du double. Pour chaque maille à l'endroit, il propose un envers, une explication, une résolution, une raison. Ce revirement est d'autant plus déroutant qu'il met en évidence les limites d'un style et d'une esthétique qui s'avèrent inefficaces quand il s'agit, comme ici, de raconter une histoire et ses ambiguïtés.