La combattante. «C'est une grande figure dans l'histoire des femmes noires américaines. J'ai répondu oui à l'invitation de l'OSR parce que j'admire la femme, au-delà de l'artiste. Une femme de courage, de volonté, qui s'est battue pour faire tomber des barrières. Ma génération a clairement bénéficié de l'action menée par des figures comme elle.»

La femme de scène. «L'entre-deux-guerres a développé un appétit féroce de légèreté. Joséphine incarne l'esprit de ce temps, qui ressemble au nôtre à plusieurs titres: le divertissement domine, les menaces planent, et nos sociétés se voilent la face.

Ce que Joséphine Baker a accepté d'incarner sur scène en France a de quoi choquer aujourd'hui. C'était l'expression d'un racisme, oui, mais qui lui offrait ce qu'elle voulait: vivre sur scène. Et puis, elle avait 20 ans! Je crois qu'elle a effacé ces humiliations de jeunesse dans la suite de sa vie: la Résistance, son énergie à défendre les droits sociaux, à créer une famille qui représentait cet idéal. La reconnaissance à laquelle elle a eu droit vient aussi de là.»

La musicienne. «Je travaille les partitions de ses chansons comme n'importe quelle autre, j'y mets ce que je sens être beau. Tout comme une pièce classique, ces chansons ont été interprétées par beaucoup de gens différents. Il faut s'en détacher, s'approprier la matière à sa manière, sans quoi c'est raté. Ce qui veut dire, aussi, se dissocier de son interprétation à elle.»