Le Geneva Camerata plus éclectique que jamais

Saison Métissage des genres en 2015-2016

Une pluie d’étoiles: rien que le titre donne le ton d’une saison qui mêle «stars» du classique et jeunes solistes talentueux. David Greilsammer, pianiste et chef d’orchestre, mène le Geneva Camerata (GECA) vers sa troisième saison, qui s’ouvrira en septembre avec l’actrice Emmanuelle Béart. Désormais implanté dans le paysage genevois, l’orchestre de chambre qui rayonne aussi à l’étranger consolide sa formule de métissage.

Au terme de la deuxième saison, le bilan paraît très positif, avec quelque 300 abonnés, plus de 160 adhérents à l’Association des amis et un budget qui augmente progressivement pour passer d’un peu moins de 800 000 francs en 2013-14 à 1 million en 2014-15, puis 1,3 million en 2015-16. «L’orchestre est en construction, mais les bases sont très solides», explique Jean-Philippe Rapp, président du GECA. Financé par des fonds privés qu’il faut rassembler (dont la Fondation Francis et Marie-France Minkoff et la Fondation Hans Wilsdorf), l’ensemble a acquis une certaine assise, avec une politique de tournées à l’étranger.

«On aimerait faire des rencontres avec encore plus de styles et de genres que les deux premières saisons», s’exclame David Greilsammer. De quoi asseoir l’identité du GECA qui prône le métissage des genres. Deux grands pianistes de jazz, l’Italien Stefano Bollani (dans le Concerto en sol de Ravel) et Jacky Terrasson, participeront à la série des «Concerts prestige».

Mais la plupart des «stars» sont issues du sérail classique, à commencer par Giuliano Carmignola (spécialisé dans le répertoire baroque) qu’on est très curieux d’entendre dans le Concerto pour violon de Beethoven (je 17 sept.). A ce même concert, Emmanuelle Béart se produira en récitante dans une nouvelle pièce de la compositrice zurichoise Cécile Marti.

«Orchestre dansant»

Jean-Guihen Queyras, musicien aux horizons très larges, aura une «carte blanche»; le violoncelliste interprétera une œuvre du Norvégien Rolf Wallin puis le Concerto No 2 de Haydn. Sandrine Piau chantera Rameau («L’air de la Folie» de Platée), Britten et Mozart, à l’occasion d’un concert incluant une pièce contemporaine chorégraphiée «pour orchestre dansant et danseur». Viktoria Mullova clôt la saison avec le célèbre Concerto pour violon de Mendelssohn flanqué de la 5e de Beethoven.

Comme l’an dernier, David Greilsammer organise un «grand marathon GECA» à la Comédie de Genève (ma 27 octobre)… Les trois «Concerts sauvages» s’ouvrent résolument aux musiques du monde et les trois «Concerts en famille» promettent des spectacles pleins d’originalité, dont l’un autour du Carnaval de Schumann avec le comédien et magicien Pierric Tenthorey. Pour peu qu’on apprécie cette formule de métissage (plus ou moins heureuse selon les cas de figure), le mélomane trouvera de quoi étancher sa soif de sensations insolites!

David Greilsammer et le Geneva Camerata, saison 2015-16, www.genevacamerata.com