Festival

A Genève, Antigel embrase le bout du lac

Pour le premier évènement de sa 9e édition, le festival genevois propose «Feu au lac!», une balade aux flambeaux artistique et bucolique sur le chantier de la plage des Eaux-Vives

Avec la neige tombée en quantité et le froid humide qui nous infiltre, on est loin de penser trempette et bikinis. Même Antigel, festival bien connu pour ranimer les mois de février, serait bien en peine de faire grimper le thermostat. Pourtant, la manifestation genevoise a le chic pour nous réconcilier avec ces lieux qu’on avait désertés durant l’hiver… à commencer par les bords du Léman.

Car on l’oublie peut-être, mais les rives du lac sont restées, malgré la saison, en pleine activité. La gauche tout du moins, où le chantier de la future plage des Eaux-Vives, prévue pour l’été, progresse chaque jour un peu plus. Un ballet de machines et une jetée clairement esquissée qui ont inspiré l’équipe du festival, spécialiste des recoins insolites, pour imaginer le premier évènement «Made in Antigel» de cette neuvième édition.

Déambulation bucolique

«Il s’agit de ces endroits qu’on ne voit pas et qu’on ne reverra plus jamais exactement comme ça. C’était l’occasion de le valoriser et aussi, pour les Genevois, de se réapproprier un projet qui leur est destiné», détaille Prisca Harsch, programmatrice arts vivants du festival.

Après de longues tractations pour convaincre les entreprises de construction de lui accorder l’accès au chantier, Antigel a le feu vert pour mettre en place «Feu au lac!»: une balade aux flambeaux le long du rivage, et à la nuit tombée, pour mieux se jouer des lumières et reflets offerts par ce sombre miroir. «Le site et le point de vue sont magnifiques. Nous souhaitions quelque chose de bucolique», explique Prisca Harsch.

Slalomant entre les grues endormies, la déambulation mènera les festivaliers d’une scène à l’autre, d’une barge à l’autre, où ils attraperont des bribes de musique. Au programme, les pulsations profondes du quatuor Contest Batterie et la brume indie-folk du groupe genevois Quiet Island.

Espace et mélancolie

Mais de la danse aussi, dont un solo signé Cindy Van Acker mis en mouvement par Daniela Zaghini. Si elle avait été conçue au préalable, cette chorégraphie, déclinant la notion d’espace et de mélancolie sur les morceaux planants du Japonais Ryoji Ikeda, dialoguera parfaitement avec l’immensité du lac. «La musique nous a amenées à des choses délicates, et le fait d’être entouré d’eau accentue encore cette fragilité, note Cindy Van Acker. Le feu, le froid, l’horizon, tout ça nourrit aussi notre travail.»

Redécouvrir leur bout du lac sous un angle nouveau, en mêlant tous les sens et les éléments, la formule a séduit les Genevois: l’ensemble des quelques 800 places a déjà trouvé preneurs. L’eau qui dort n’aura jamais été aussi douce.


«Feu au lac!», sa 2 février à 17h30. www.antigel.ch. A noter qu’en cas de pluie, la promenade sera reportée au samedi 9 février.

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