Un envol. Il fallait des ailes pour inaugurer le Pavillon de la danse à Genève, fief de l’ADC – Association pour la danse contemporaine. Il fallait un boomerang poétique, une trajectoire capricieuse en apparence, sous-tendue par la magie d’une présence en réalité. Il fallait une chamane, tiens, voyageuse sans frontières, et elle était là, incarnée par la comédienne Claude-Inga Barbey, méconnaissable dans sa nuit de grande voyance, si loin de son personnage comique de psy dans les vidéos qu’elle signe pour Le Temps.

Mardi soir, on a vécu cela donc, place Sturm, dans le dos de l’église russe et de ses coupoles aguicheuses, à deux foulées de la Vieille-Ville. Sur le sable, au crépuscule, 50 bienheureux – pas un de plus, conformément à la règle – se pressent pour découvrir ce théâtre plissé comme un accordéon, son hall constellé d’étoiles – forêt d’ampoules conçue par l’artiste Rudy Decelière – et sa salle de 193 places. Tous étaient là pour goûter au huitième épisode de la série théâtrale Vous êtes ici.