Une délivrance. Lundi soir, le Poche à Genève était une tanière et le spectateur un loup. Masqué comme il se doit, on se dévisage, comme si on n’en revenait pas de se retrouver là, six mois après l’annonce de la fermeture des salles. Sur le pavé, à l’entrée du théâtre, Mathieu Bertholet, directeur de la maison, veille en chef de meute sur les élus qui s’engouffrent dans le repaire: 43 personnes, confiera-t-il plus tard. Toutes là pour renouer avec le jeu du soir, ce plaisir de goûter à une langue étrange et familière, de sentir vibrer l’inconnu qui est votre voisin.