Ce lever de rideau, Lionel Bovier l’attendait depuis longtemps. Il a eu lieu mardi en fin de matinée, dans une halle patibulaire du Bâtiment d’art contemporain (BAC) à Genève. Assis au premier rang, le directeur du Mamco a apprécié les tirades.

La mise en scène n’était pas folichonne, mais le covid muselle les lyriques. Masqué comme il se doit, le maire de Genève, Sami Kanaan, a annoncé un partenariat public-privé d’un montant de 40 millions – dont 15 millions de la ville – en vue de rénover le BAC. Une étape historique, a-t-il martelé. A sa droite Philippe Bertherat, président de la fondation du Mamco, a acquiescé, tout comme Pierre Gillioz, président du Centre d’art contemporain, et Michèle Freiburghaus, conseillère culturelle à la ville de Genève.

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Patchwork

Mais quel est ce BAC qui fait battre les cœurs? Un îlot unique qui réunit, au sein des anciens bâtiments de la Société pour les instruments de physique, le Centre d’art contemporain, le Centre de la photographie, le Mamco, mais aussi le Fonds municipal d’art contemporain, sa Médiathèque et le Commun. Bref, un patchwork qui avait sa cohérence, mais aussi ses lourdeurs. Les trois derniers nommés sont appelés à déménager, afin que les trois premiers respirent plus à leur aise.

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Car l’objectif de ces travaux qui débuteront en 2024 est bien là: fluidifier, muscler, charpenter. «Cette annonce entérine un processus relancé en 2016, confie Lionel Bovier. Notre ambition est d’assurer une rénovation technique indispensable, tant pour la conservation des œuvres que pour le confort thermique des collaborateurs des institutions. Elle est surtout d’offrir au public un espace d’accueil digne de ce nom, avec un lieu pour les tickets centralisé, une cafétéria et une librairie.»

Inauguration en 2026

Le BAC se veut donc plus distingué à l’avenir. Philippe Bertherat et Pierre Gillioz se font fort de trouver 25 millions auprès de privés. Quelque 10 millions sont déjà promis. La qualité du projet architectural devrait être un atout pour convaincre fondations et entreprises de participer à l’effort. Le concours d’architecture est en cours. Une cinquantaine de dossiers ont été déposés. Un premier écrémage est prévu ce mercredi. Le lauréat sera connu à la fin de l’année. En 2022, les travaux seront planifiés, avant que le crédit ne soit voté.

«Cette transformation permettra de pérenniser enfin des institutions qui se consacrent à l’art contemporain, dans une ville où il n’a pas toujours été en odeur de sainteté», se réjouit Lionel Bovier. L’inauguration du BAC nouveau est prévue en 2026. On sablera alors le champagne.