«J’ai voulu peindre en noir sur du noir», disait Leos Janacek à propos de Jenufa, opéra créé en 1904 et achevé au terme de dix années de composition dans des circonstances tragiques. Le compositeur a 50 ans lorsqu’il met le point final à sa partition, peu après avoir enterré sa fille Olga. Prenant pour livret la pièce de l’écrivaine morave Gabriela Preissova, la trame funeste de l’œuvre se met en place comme le mouvement rotatif des pales d’un moulin. Si l’infanticide est le nœud de ce drame, c’est bien la pitié pour la souffrance humaine que met en exergue Janacek, faisant de Jenufa une sorte d’œuvre du pardon.