Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
L’artiste et patron du label EICA records, Fabio Gelewski, alias Nocastrum.
© Sylvain Gelewski

Musique

A Genève, le label indépendant EICA Records souffle ses trois bougies

La maison de disques, spécialiste de musique électronique, sort mercredi un nouvel album compilant tous les artistes de son catalogue. Ces jeunes producteurs locaux parviennent à se faire entendre avec les moyens du bord

EICA est une contraction du terme «electronica», un genre de musique électronique tourné vers l’expérimentation et porté par des immenses artistes comme Aphex Twin, Autechre ou Björk. Explorer, c’est justement la devise de ce label genevois qui offre une panoplie d’artistes aussi éclectiques que talentueux.

Fabio Gelewski, alias Nocastrum, fonde le label en 2014 avec son frère Sylvain Gelewski, qu’on appelle aussi Ariel Kinsky. Dans la foulée, ils publient la première compilation réunissant tous leurs artistes, exclusivement régionaux, il y a déjà trois ans de cela. Dans cette affaire de famille, Nocastrum prend en main la gestion administrative tandis que «Syl», artiste peintre (voir sa page Instagram), s’occupe de l’aspect visuel.

Une indépendance qui a un coût

Pas facile de vivre, ou de survivre, lorsque l’on décide d’être autonome: «C’est du travail bénévole, tant pour les artistes que pour nous, les responsables, confie Nocastrum. On se débrouille avec les petits sous gagnés à gauche et à droite pour les réinjecter directement dans le projet.»

Pour une maison d’une si petite taille, le catalogue est plutôt fourni: «Il nous faut dégraisser», plaisante le patron du label. Lacrema, le porte-parole de la synth-wave genevoise que l’on a pu entendre à maintes reprises sur les ondes de Couleur 3, a quant à lui décidé de quitter le collectif pour mieux prendre son envol.

Il se produira prochainement sur le label parisien Burning Owl Records et signera la bande musicale d’un jeu vidéo, un projet dont les détails sont encore gardés secrets. En attendant, sa dernière composition figurera bien dans la compilation d’EICA. Un titre en guise d’adieu qui résonne dans les tympans comme une invitation lubrique: «Send nudes».

Une compilation fertile

Latchkey ouvre le bal en douceur avec «The Darién Gap», qui nous propulse en pleine nature colombienne. On y retrouve aussi un morceau de Weith, «Too Little Too Late», un son plein de subtilités, entre nervosité et respiration. Une mention pour «Smoke» du pianiste Gaspard Sommer, une pépite jazzy qui habille l’atmosphère d’un écran de fumée voluptueux.

Tous les albums des artistes labellisés EICA Records sont disponibles sur Spotify. Quant à la nouvelle compilation, elle sera disponible en version digitale sur Bandcamp à prix libre: «C’est gratuit, annonce Nocastrum, et si vous désirez nous soutenir, c’est à vous de fixer le prix!» Un tirage limité de CD suivra.


EICA Volume 3, divers artistes, EICA Records, http://eicarecords.ch

Publicité
Publicité

La dernière vidéo culture

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

Un soir à la rédaction du Temps. La salle de réunion est transformée en labo photo géant éclairé de rouge. Au milieu de la pièce, l'artiste Yann Marussich, rendu photosensible. Sur son corps nu se développent des titres du «Temps». 60 spectateurs assistent à l'expérience qui dure 45 minutes.

Le performeur Yann Marussich se fait imprimer Le Temps sur le corps

n/a
© Arnaud Mathier/Le Temps