«Alors voilà, les guillemets, c’est pour moi!» Dans un fauteuil large comme un canot de sauvetage, Mauro Bellucci a la barbichette qui frise. Pas encore la colère, mais une irritation qui se précipite en bordure de lèvres, tandis qu’en face Valentin Rossier, suave dans son fauteuil, feint de s’étonner. Comment son ami de toujours peut-il se mettre dans un tel état pour une expression aussi banale que «poète entre guillemets»? Se serait-il senti visé? Et Mauro Bellucci d’acquiescer, dans un nuage d’amertume: bien sûr qu’il a compris que «poète entre guillemets» le qualifiait et qu’il faisait partie «du camp des ratés».