Guillaume Poix n’a pas froid aux yeux. Dans sa relecture du Père Noël est une ordure, pièce et film mythiques du Splendid, l’auteur français ose toutes les offenses. Sa Thérèse devient une bourgeoise xénophobe et dépravée (magnifique Rébecca Balestra), son Pierre goûte du garçon à pleine lampée, M. Preskovitch chante et meurt en beauté, Zézette passe de l’animal grognant à l’experte des masculinités et Félix est toujours aussi primaire et sanguinaire – les mains coupées volent sur la scène du Poche! Rien n’est tabou sous la plume de ce quadragénaire et rien n’effraie non plus Manon Krüttli à la mise en scène de cette pochade déchaînée. Le résultat? Une bonne tranche de rire qui tache et tacle tous les tics idéologiques.