Au soir de sa vie, Peter Brook est Prospero le magicien. Il a délaissé la grande magie pour ne conserver que les sortilèges de l’enfance. Il fait encore souffler le vent des mers, mais pour s’amuser. Au Forum Meyrin (GE), jeudi soir et vendredi, il offre avec sa compagne Marie-Hélène Estienne, sa collaboratrice depuis un demi-siècle, Tempest Project. Le couple ne ressuscite pas la jungle narrative de La Tempête, l’ultime pièce de Shakespeare. Il en révèle la miniature, sa ligne claire au fond, servie par six comédiens humbles dans les eaux de l’histoire, facétieux aussi, à l’image de Luca et Fabio Maniglio.