Ce soir, dans le cadre du festival Filmar en América latina, gros plan sur la musique latine. Au programme, cinq documentaires, cinq portraits en somme, dont un projet autour du tromboniste portoricain William Cepeda. Grand souffleur, au cheveu dru, Cepeda a été entendu dans le giron d'un Dizzie Gillespie finissant. A l'heure où le trompettiste aux bajoues sous pression œuvrait encore à la reconnaissance des origines afro-latines du jazz. Un moment clé. Jeune Portoricain à la coulisse maligne, Cepeda y a beaucoup appris. Les courants croisés de l'improvisation new-yorkaise et de la salsa, notamment. Accompagnateur prolixe, leader en devenir, il est au centre d'un documentaire de Louise Ernst, réalisé en 2001, qui retrace ce parcours de va-et-vient. Depuis les premières armes en Amérique du Sud jusqu'à l'exil new-yorkais et le retour au pays pour y retrouver les éléments perdus de la Bomba. Un genre éminemment dansé, «percussif» en diable.

Stupéfiant de voir comment le swing le plus exigeant accueille les traditions les plus diverses. Comment il se sculpte en direct dans le souffle d'un géant. En six ans, la réalisatrice a pu assister à la naissance d'une identité, accumuler les instants enivrés où la musique se fonde. Malgré une mise en images et en son parfois sommaire, El trombon de Bomba William Cepeda's Jazz ne cède pas un pouce de son ambition première: parler métis.

Pour les chavirés de musique latine, le portrait de la chanteuse bahianaise Maria Bethânia, celui de l'arpenteur clandestin Manu Chao ou celui de la Mexicaine Astrid Hadad devraient faire de cette nuit à chaloupe un kaléidoscope précieux. Sachant surtout que la figure de l'Argentin Carlos Gardel, troubadour du tango, va elle aussi hanter la nuit.

Soirée musique latine. Fonction: Cinéma, Genève. Mardi 12novembre dès 17 heures. http://www.filmaramlat.ch