Avant même de l’apercevoir, on entend monter des sirènes, lointaines, spatiales presque. Puis on le découvre, ovale, lisse et noir, semblable à une fleur en train d’éclore: La Flamboyante, sculpture d’Antoine Poncet trônant sur les pavés de la place des Bergues. Dans un jeu d’équilibre impossible, elle domine les quais, silencieux en ce matin de janvier. Pourtant, vous l’entendez? Elle a désormais sa propre symphonie. Une bande-son du compositeur genevois POL, inspirée des transmissions du satellite Spoutnik, qui donne à cet ovni de bronze un aspect d’autant plus cosmique. Et qui s’élève à mesure qu’on s’approche.

Offrir aux œuvres d’art publiques une nouvelle résonance, telle est la mission du Belvédère sonore. Lancé cette semaine, le projet propose de (re) découvrir dix sculptures, fresques et installations dans les rues de Genève avec les yeux comme avec les oreilles. Grâce à une application mobile sous forme de carte, qui vous géolocalise, il suffit de se trouver dans le périmètre d’une œuvre pour qu’une création sonore s’enclenche dans nos écouteurs. Façon bulle spatio-musicale.