À Genève, le sort de deux projets culturels emblématiques pour la région demeure toujours en suspens. D’un côté, la rénovation mais surtout l’extension du Musée d’art et d’histoire (MAH) est attaquée par un référendum que soutiennent conjointement la gauche de la gauche et l’UDC ainsi que les milieux de défense du patrimoine. Sans cesse rafistolé mais jamais rénové, le MAH attend sa cure de jouvence depuis plus de seize ans. Mais voilà, le comblement de sa cour intérieure par des plateaux suscite les ires de l’association Patrimoine suisse Genève. Un autre élément concourt à attiser les oppositions: celui de l’apport financier du mécène Jean Claude Gandur dans le projet de l’architecte Jean Nouvel. Le fondateur d’Addax Petroleum offre 40 millions sur les 132 que coûteront les travaux. Ses détracteurs estiment qu’il est question de «privatiser un bien public». Les partisans, eux, répliquent qu’une simple rénovation, sans apport privé, coûtera plus cher au contribuable. De l’autre, le projet de construction d’une nouvelle scène théâtrale, qui doit prendre place au sein du futur quartier de la gare des Eaux-Vives, n’a toujours pas reçu le feu vert du Grand Conseil. La semaine dernière, sa commission des travaux refusait d’injecter 45 millions de francs dans la Nouvelle Comédie, alors que le délibératif de la Ville de Genève avait déjà approuvé de se délester de sa participation à hauteur de 53 millions de francs. Si le MCG et l’UDC sont opposés à cette construction, le PLR, lui, préférerait que le canton et la ville aboutissent dans leur processus de désenchevêtrement des tâches avant que le parlement ne délie sa bourse.