Dans la vision du metteur en scène Daniel Kramer, la Cité interdite de Pékin se matérialise par des cubes empilés, sorte de gigantesques terrariums design éclairés de néons ultraviolet et blanc blafards. Au centre trône un lit-rocher. Un prétendant malchanceux s’apprête à y être châtré. C’est le sort que réserve aux hommes la princesse chinoise Turandot en cas de mauvaises réponses à ses trois énigmes. L’héroïne énigmatique de Puccini refusant l’amour pour venger une ancêtre violée a tout d’une «femme piège»: l’idée séduisante de David Kramer d’en faire une veuve noire, cette araignée connue pour son puissant venin et son cannibalisme sexuel, sied parfaitement au livret.