Quand on ressort d’un opéra en version de concert en se disant que, au fond, il est beaucoup mieux sans mise en scène, c’est que la musique a gagné la partie. Evidemment, avec un chef-d’œuvre de la dimension de Don Giovanni, il n’est pas trop difficile d’éblouir la galerie. Mais celui que le Wiener Staatsoper est venu pour la première fois présenter aux Genevois tient de l’équilibre presque parfait. Pourquoi donc? D’abord, parce que l’orchestre en jeu est l’un des meilleurs du monde. Ses musiciens appartenant au Wiener Philharmoniker, le niveau instrumental se situe au sommet.

L’entente des pupitres est fusionnelle, l’esprit de corps règne et la cohésion sonore impressionne jusque dans les légers flottements immédiatement rattrapés par le groupe. La matière est dense, les attaques tranchantes, les nuances semblent sans limites et la variété de la palette sonore, infinie.