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ATLANTA, GA - APRIL 02: Wayne Coyne of The Flaming Lips rides over the audience at The Tabernacle on April 2, 2017 in Atlanta, Georgia. (Photo by Chris McKay/WireImage)

Événementiel

A Genève, une start-up promet de contrer la revente illégale de billets de spectacles

Le pape des nuits genevoises vient de se lancer dans la billetterie en ligne. Baptisée Lilipass, sa plateforme intègre une formule anti-marché noir. Une première mondiale, d’après son inventeur Sébastien Courage

Genève abrite depuis février dernier une offre de billetterie en ligne inédite. Son nom de code: Lilipass. Le nouveau portail est muni d’un mécanisme anti-marché noir. «C’est une première mondiale», assure son inventeur Sébastien Courage, qui a longtemps dirigé le MOA Club et est actuellement à la tête du Village du Soir, dernier né des hauts lieux de convivialité au bout du Léman.

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Lilipass permet d’organiser ou de promouvoir des événements de toutes tailles, de la pièce de théâtre amateur au concert de Beyoncé, en passant par l’anniversaire de son cousin germain. L’outil est gratuit pour les manifestations d’ordre associatif ou caritatif. Il s’adresse aussi aux rendez-vous à but lucratif, moyennant une commission de 2% (minimum de 95 centimes) sur chaque billet vendu. «Lilipass est en moyenne deux à cinq fois moins chère qu’une plateforme traditionnelle, laquelle peut ponctionner jusqu’à 20% des recettes», indique Sébastien Courage.

D’après le quadragénaire, le marché de la billetterie a énormément évolué ces dix dernières années. «D’un oligopole, tenu notamment par la FNAC et Ticket Corner, nous sommes passés à une multitude de systèmes de gestion, adossés au numérique, très innovants», relève l’ex-animateur en chef des nuits genevoises, reconverti en entrepreneur de jour. Exemples de start-up à succès: la société californienne Eventbrite, actuel No 1 mondial de l’événementiel en ligne, Wizevents ou encore Evenium (pour les rassemblements professionnels).

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Valeur émotionnelle d’une entrée

La valeur ajoutée de Lilipass, par rapport à l’offre existante: un ABMS intégré (pour Anti Black Market System), destiné aux spectacles à forte affluence, victimes de reventes massives et automatisées via Internet (logiciels d’achat). «Notre formule devrait permettre de réduire de 90% la rétrocession illégale de billets, à des prix prohibitifs sous le manteau, voire sur le marché de seconde main», estime Sébastien Courage, qui souhaite imposer ce dispositif sur le plan mondial.

Le principe: fixer une fourchette de prix pour sa manifestation, soit le tarif maximum et la limite inférieure. Lilipass calcule ensuite de manière dégressive le coût d’une entrée et livre un rapport d’état des ventes, en fonction du temps qui passe et du nombre de billets restants à écouler, de la valeur émotionnelle de la manifestation – tarif «premium» – jusqu’au prix plancher.

«Moi qui suis promoteur chevronné, je peux vous garantir que l’on ne sait jamais combien vaut exactement un billet», nuance Sébastien Courage. Et ce dernier d’illustrer l’enjeu: «Un jour, lors d’une vente flash de 1000 billets écoulés en quelques minutes seulement, le Genève-Servette HC avait reçu 80 000 demandes. J’estime que le manque à gagner, lié au fait d’avoir trop plafonné ses tarifs par rapport à cette demande, était d’un million de francs.»

Réactiver son carnet d’adresses

Autre avantage de Lilipass: il suffit de deux à cinq minutes pour s’inscrire, paramétrer un événement, décrire une pièce de théâtre, tarifer un concert et sélectionner sa devise de paiement (francs, dollars, euros, livre sterling, etc.) et lancer son événement clés en main. Le portait offre aussi la possibilité de se constituer une base de données clientèle, pour la tenir informée d’éventuels retards ou annulation d’événements, voire les solliciter pour une prochaine manifestation. Mais également la possibilité de contrôler la validité des billets via mobile, tablette ou sur place. La vente, elle, peut s’effectuer sur le site web du client, les réseaux sociaux, à l’entrée de la manifestation ou à l’épicerie du coin, soit n’importe quel revendeur doté d’un accès à Internet.

Sébastien Courage qualifie sa dernière start-up de premier gros acteur de billetterie en ligne du pays. «Le marché est encore embryonnaire. J’ai davantage de concurrents directs à Genève avec le Village du Soir, que dans le monde avec Lilipass», résume celui voit affluer une poignée de nouveaux utilisateurs chaque semaine et vise les 500 comptes clients d’ici à la fin de cette année. Sa plateforme, qui a exigé deux ans de développement, emploie pour l’heure trois personnes.

Après une première levée de fonds d’environ 300 000 francs, son fondateur prépare un deuxième tour d’investissements. «Je vise les deux millions de francs et prévois de lancer dans deux mois liliworld, une application permettant de géolocaliser des événements alentour et d’en acheter les billets d’entrée à distance, pour éviter de faire la queue au guichet», conclut celui qui s’est vu proposer l’aide de Facebook et a déjà suscité l’intérêt de capitaux locaux et internationaux.

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