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jazz

George Russell dans les étoiles

(American Jazz Classics/Musikvertrieb) Quand l’inclassable arrangeur posait les fondations de son univers parallèle

Genre: jazz
Qui ? George Russell
Titre: Jazz in the Space Age
Chez qui ? (American Jazz Classics/Musikvertrieb)

L’œuvre de George Russell intéresse autant et parfois plus les ufologues que les amateurs de jazz, à l’instar de l’insaisissable Sun Ra, autre habitué des randonnées intergalactiques dont on ne revient pas toujours. Aux esprits forts à tendance pontifiante, on conseillera l’écoute de ce Jazz in the Space Age, qui rend instantanément très humble dans ses certitudes. Oui, le paranormal existe, il s’appelle en jazz George Russell.

1959, c’est l’année où Jimmy Giuffre grave Seven Pieces et où Ornette Coleman s’apprête à enfanter son œuvre-manifeste Free Jazz. On aurait tout aussi bien pu prendre des leçons de déconstruction avec cet ovni-là. A ceci près que le grand chambardement selon George Russell s’appuie ouvertement, du moins en ses débuts, sur la tradition et sa pulsation continue (pas un hasard de disponibilité si la contrebasse est ici tenue par Milt Hinton, ancienne star de Cab Calloway). L’arrangeur-dérangeur dépose avec d’infinies précautions son dispositif orchestral sur un clavier dédoublé, jouant sur la très complémentaire opposition entre Bill Evans et Paul Bley, qui s’entendent dans «The Lydiot» pour assassiner collégialement toute espèce de joliesse décorative.

A cette séance fondatrice, on a ajouté ici un passionnant concert donné quelques mois plus tard en petit comité. S’en détachent le presque classique russellien «Stratusphunk», variation aux rougeoiements mingusiens sur le blues, et «Dance Class», composition de celle qui était à l’époque Madame Bley, la déjà corrosive Carla.

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