Genre:

D es noms. Robert Capa. George Rodger. Herbert List. Elliott Erwitt, René Burri ou Paolo Pellegrin. Des images. Le débarquement en Normandie. Le Che et son cigare. Le Bloody Sunday ou un lama ­sortant le cou d’une voiture new-yorkaise. Des planches-contacts surtout.

Dans un magnifique et très épais bouquin, l’agence Magnum revient sur soixante ans de création photographique. Le travail de ses soixante-neuf membres, presque tous devenus fameux, est présenté sous forme de pellicules entières, de planches-contacts. Où l’on voit le reporter tourner autour de son sujet, chercher le meilleur angle, la composition la plus efficace, la bonne lumière. L’«instant décisif» d’Henri Cartier-Bresson, ainsi, semble bien malmené; dans une ruelle de Séville, le Français, cofondateur de l’agence, saisit des enfants à travers un mur en ruine à l’horizontale, à la verticale, avec plus ou moins de personnages. Au crayon blanc sont entourés les deux meilleurs clichés, publiés plus loin en grand format. Un court article rappelle le contexte. Le même procédé revient pour chaque sujet, présenté chronologiquement. Au fil des pages, le noir et blanc domine très largement, les thèmes politiques également. Mais le lecteur se délecte aussi de quelques images de stars, de touristes paressant ou d’un reportage sur la météorologie marine. Une histoire du XXe siècle et de la photographie à travers quelques-uns de ses plus éminents représentants.

Magnum. Planches-contacts, 139 planches-contacts, Editions de la Martinière,508 p. Env. 160 fr.