Les relations entre le J.Paul Getty Museum de Malibu (Californie) et l'Etat italien se tendent à nouveau. L'institution américaine a fait connaître lundi, au ministre italien des Biens culturels, Francesco Rutelli, son refus de transférer deux œuvres d'art de sa collection réclamées par les autorités de Rome. Par contre, le Getty met en avant le fait qu'il transférera 26 autres objets antiques.

En décembre dernier déjà, un procès a été ouvert à Rome contre l'ancienne responsable des antiquités du musée, Marion True, accusée «d'association de malfaiteurs» destinée au «recel d'œuvres d'art». Celle-ci nie les accusations. Depuis, le musée s'est séparé d'elle. Et a admis que certaines de ses pièces étaient d'origine douteuse.

Concernant l'Italie, elles sont au nombre de 52. Mais le statut de certaines demande encore à être examiné avec minutie. L'établissement américain affirme ne pas avoir acheté sciemment des objets pillés. Et, entre lui et le Ministère italien des biens culturels, des accords ont été signés. Le directeur du J.Paul Getty Museum, Michael Brand, fait notamment référence à un protocole du 5 octobre dernier, mais laisse entendre que le ministère italien ne s'y est pas tenu, et au contraire a augmenté ses exigences. Une nouvelle rencontre, agendée au 17 novembre, à Rome, n'a rien résolu.

Pour l'heure, le Getty est d'accord de restituer 25 œuvres portées sur les listes italiennes, et d'en ajouter une de son propre gré, estimant qu'elle devait revenir en Italie. En revanche, le Getty conteste la réclamation d'une Statue cultuelle d'une déesse et celle d'une autre effigie représentant une Victoire jeune. Au motif que les origines de la Déesse ne sont pas claires et que le musée «tient à poursuivre ses propres recherches». Etant entendu que le «Getty est prêt au transfert s'il s'avère que ces recherches suggèrent que cette statue devrait retourner en Italie».

Quant à la Victoire, le Getty argue du fait que «cette sculpture en bronze a été trouvée en 1964 dans les eaux internationales et qu'elle n'a été obtenue par le Getty Museum qu'après que des tribunaux italiens aient déclaré qu'il n'y avait aucune évidence que cette statue appartienne à l'Italie». N'empêche! Ces tensions remettent en question davantage que des restitutions. Un cadre de collaborations à long terme avait été envisagé. Autant dire qu'il est caduc.