série TV

Gianni Versace, mort au soleil

Canal+ montre dès ce jeudi soir «The Assassination of Gianni Versace», nouvel opus de la collection «American Crime Story». Une série magnifiquement réalisée

Il se réveille dans sa luxueuse maison du rivage de Miami, boit son jus d’orange, sort acheter des journaux, revient et, devant son portail, se fait tirer dessus. Plusieurs fois. Il décédera à l’hôpital. C’est le 15 juillet 1997, Gianni Versace a été abattu par Andrew Cunanan, mythomane en cavale, qui a déjà tué quatre personnes. Ainsi commence la deuxième saison d’American Crime Story, anthologie due au scénariste et producteur Ryan Murphy. Le premier volet, brillant, racontait le procès d’O. J. Simpson.

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Dans The Assassination of Gianni Versace, que Canal + dévoile ce jeudi soir, il est notamment question de la cavale meurtrière d’Andrew Cunanan. La série remonte au début de la décennie 1990, lorsqu’il prétend – ce ne sera jamais confirmé – avoir rencontré le couturier. Puis le tempo se resserre sur les semaines qui précèdent les tirs sous le soleil de Floride, une course sanglante qui passe par Chicago.

La méthode Ryan Murphy

American Crime Story avait trouvé son ton dès la première saison. Le cas Versace est empoigné par le scénariste Tom Rob Smith, dans un souci à la fois de réalisme et d’efficacité narrative, voire esthétique, qui constitue la marque de la série. Le clan du couturier (incarné par Edgar Ramirez) a protesté, à commencer par sa sœur qui conteste le livre sur lequel s’appuie le feuilleton et la manière dont elle est dépeinte – Penélope Cruz, qui l’incarne, est une amie, ce qui a permis de calmer un peu le jeu.

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L’ensemble est d’une redoutable force de frappe, notamment par une réalisation qui n’hésite pas à distordre le réel au profit de la dramatisation. Le troisième épisode, qui conte la halte du tueur en série à Chicago et son crime local, constitue un manifeste de la méthode Ryan Murphy, lequel est aussi aux commandes d’American Horror Story et de Feud. Les protagonistes, un couple huppé dont l’homme cache les pulsions qui l’ont amené à Cunanan, ici escort boy, sont filmés par une contre-plongée permanente qui souligne leur importance, leur poids social. Les auteurs restent au plus près des ouvrages qu’ils adaptent, et utilisent le visuel comme objet d’emphase. Une technique qui marche.

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