Cinéma

Au GIFF, pas de tapis rouge mais beaucoup de stars

La 25e édition du festival genevois, avec la présence annoncée de Xavier Dolan, Park Chan-wook, Roger Avary ou encore David Cronenberg, a fière allure

Il a 30 ans, a réalisé huit longs métrages depuis J’ai tué ma mère en 2009 et s’est vu remettre une quarantaine de récompenses à travers le monde, dont un Prix de la critique à la Mostra de Venise (Tom à la ferme, 2013), un Prix du jury (Mommy, 2014) et un Grand Prix (Juste la fin du monde, 2016) à Cannes, ou encore un César du meilleur réalisateur (Juste la fin du monde, 2017). Avec un tel CV, sans parler de ses talents d’acteur et de son activité de doubleur, Xavier Dolan est sans conteste l’une des figures majeures du cinéma récent.

Bonne nouvelle pour celles et ceux qui apprécient son sens du baroque et ses tragicomédies de mœurs, le Québécois est l’un des invités phares du Geneva International Film Festival (GIFF), qui, début novembre, célébrera un quart de siècle passé à défendre tous les cinémas – il a jadis fait œuvre de pionnier en s’intéressant aux séries télé, avant de se pencher plus récemment sur le nouveau champ des possibles défriché par la réalité virtuelle (VR).

Au moment de lever le voile sur la 25e édition du festival, Emmanuel Cuénod, son directeur artistique, se réjouit d’abord des invités qui feront le voyage de Genève, dont évidemment Dolan pour sa première venue en Suisse, dix-huit mois après une première prise de contact. Le Canadien sera le premier récipiendaire du nouveau Geneva Award, animera une master class publique et présentera, dans le cadre d’une rétrospective, Ma vie avec John F. Donovan (2018), sa première réalisation anglophone, inédite en Suisse.

Scénariste de Tarantino

Le Film & Beyond Award, qui salue depuis 2014 le travail d’un cinéaste n’hésitant pas à explorer d’autres médiums, sera quant à lui décerné à Park Chan-wook, qu’une décapante «trilogie de la vengeance» avait imposé, au début des années 2000, comme un des maîtres du nouveau cinéma de genre coréen. Seront à cette occasion projetés, dans des versions remontées, Thirst, ceci est mon sang (2009) et Mademoiselle (2016), ainsi que sa série – elle aussi dans un director’s cutThe Little Drummer Girl (2018).

Avec la présence également annoncée de Marco Bellocchio, Costa-Gavras, Rebbeca Zlotowski, Alice Winocour, Elia Suleiman, Albert Serra et Hafsia Herzi, la programmation a fière allure. Si l’on y ajoute encore les noms de David Cronenberg – qui viendra parler de la version restaurée de sa sulfureuse adaptation (1996) du Crash! de J. G. Ballard – et de Roger Avary, réalisateur de Killing Zoe (1994) et Les Lois de l’attraction (2002) mais aussi scénariste de Tarantino (Pulp Fiction, 1994; Jackie Brown, 1997), on tient là un sans-faute.

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Mais le GIFF, ce sont aussi et surtout trois compétitions: longs métrages, œuvres immersives et séries. Parmi celles-ci, deux productions russes (Hide and Seek et Identification), une polonaise (Blinded by the Lights) ou encore une croate (Success), preuve qu’à l’Est il y a du nouveau. Du côté de la VR, voyage plus à l’Est encore avec trois propositions taïwanaises, dont l’attendu The Deserted, de Tsai Ming-liang. Jan Kounen invitera de son côté les spectateurs, avec Ayahuasca – Kosmik Journey, à tenter une expérience de trip chamanique. Ces trois sections compétitives s’accompagnent de plusieurs sections dites convergentes, tels ces Highlights, qui permettront de découvrir en avant-première le nouveau Polanski (J’accuse) et trois nouvelles séries suisses (Helvetica ainsi que les secondes saisons de Wilder et Quartier des banques). Emmanuel Cuénod se dit fier de sa programmation. On le serait à moins.


25e GIFF, du 1er au 10 novembre 2019.

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