Gil Roman blanchi! Mieux, renforcé à la tête du Béjart Ballet Lausanne (BBL). Président du BBL, Peter Berger était aux anges, hier, au moment de commenter l'audit sur la compagnie commandé au début de l'été. Fin juin, Gil Roman subissait l'orage. Des danseurs en partance l'accusaient de violence psychologique: insultes, harcèlement moral. Cela faisait tache. La légitimité artistique de Gil Roman, nommé après le décès de Maurice Béjart à la tête de la compagnie, était déjà contestée. A ce doute sur sa capacité à endosser l'héritage s'ajoutait un soupçon. La Fondation du BBL décidait de confier à un consultant indépendant une enquête sur l'état de forme moral - mais pas seulement - de l'entreprise. Conclusions: le bilan artistique de l'année est jugé positif; et le climat régnant au sein de la troupe qualifié de serein, aujourd'hui, après les turbulences du deuil.

«L'étude a confirmé que le Conseil de fondation a fait le bon choix en nommant Gil Roman, soulignait hier Peter Berger. Il n'a jamais été question de ne pas le maintenir. Il connaît la compagnie mieux que quiconque. Il a secondé Béjart. Il est celui qui peut faire évoluer la troupe, permettre à d'autres créateurs d'y travailler, tout en préservant le patrimoine.» Le prochain spectacle du BBL, fin décembre à Lausanne, aura valeur de test: la troupe y présentera quatre pièces, dont deux créées par des chorégraphes renommés, le Suédois Mats Ek et le Français Jean-Christophe Maillot.

Engagement de la Ville

Le BBL s'ouvre. Il y est condamné, s'il ne veut pas se transformer en mausolée. Sur ce chemin, les inconnues sont multiples. Le public continuera-t-il d'affluer à Lausanne et à l'étranger? Le prestige de Béjart persistera-t-il? La Ville de Lausanne en paraît convaincue. Faute de solution de rechange, peut-être, elle affirmait hier vouloir poursuivre au-delà de 2010 - date à laquelle prend fin le contrat qui la liait à l'artiste.

Pour espérer s'envoler encore, le BBL devra négocier avec la Fondation Béjart qui détient les droits des ballets et veille sur l'héritage. «Une discussion début décembre est prévue, explique Peter Berger. Nous avons intérêt de part et d'autre que ça continue.» Les danseurs, eux, auront demain des ailes cosmopolites. Ils reprendront à Bâle Le Tour du monde en 80 minutes, ultime virée du chorégraphe. Dans leurs yeux, un coin d'azur sans doute. Il y a un an exactement, Maurice Béjart s'éclipsait.