Personne ne s'attendait à un autre scénario. Mais c'est officiel. Gil Roman dirigera le Béjart Ballet Lausanne (BBL). Pendant les trois prochaines années du moins. C'est ce qu'a annoncé hier la Fondation du BBL, présidée par Peter Berger. Emmanuel de Bourgknecht, lui, a été confirmé dans ses fonctions de directeur administratif. Quant à Michel Gascard, il continuera à tenir les rênes de l'école-atelier Rudra.

Pas de révolution, donc, chemin du Presbytère. Après le décès de Maurice Béjart, l'accession de Gil Roman à la tête de la compagnie était programmée. Il a brillé comme soliste dans les spectacles du maître. Il a été son assistant et comme son double pendant les répétitions. Depuis longtemps, il veillait à ce que ses vœux soient exaucés.

«Nous nous sommes demandé s'il y avait une alternative valable à Gil Roman, commente Peter Berger. Mais il n'y en a pas! Maurice Béjart l'a désigné comme successeur. Il souhaitait aussi que Michel Gascard tienne la barre de l'école. Nous avons appliqué sa volonté.»

De la clarté de ces intentions, il ne faudrait pas déduire que le futur est tout tracé. Par contrat, Maurice Béjart a autorisé le BBL à exploiter son nom et son œuvre pendant trois ans. Au-delà, c'est l'inconnu. «Ce laps de temps nous laisse le temps de la réflexion, souligne Peter Berger. Mais il faudra avoir une idée de ce qu'on veut faire dès 2008. Et nous ne sommes pas seuls maîtres du jeu: la position que prendra la Ville de Lausanne sera déterminante.»

Gil Roman, lui, n'a pas le temps de philosopher. Il répète Le Tour du monde en 80 minutes, l'ultime spectacle de Maurice Béjart qui attirera les foules dès le 20 décembre au Théâtre de Beaulieu, avant le Palais des Sports à Paris en février. Puis ce sera l'Italie, le Japon... Presque comme d'habitude.