Pour chacun des dix artistes lauréats des prix et bourses 2004 de la Fondation Leenaards, dont les noms ont été révélés hier par le nouveau président de la Fondation, Michel-Pierre Glauser, et par le nouveau président du jury, Pierre-Alain Tâche, la somme reçue est particulièrement heureuse, puisqu'elle est synonyme de reconnaissance. Elle est aussi bienvenue puisqu'elle offre une respiration. C'est ce qu'ont exprimé tour à tour le chorégraphe lausannois Gilles Jobin et l'écrivain genevois Jean Vuilleumier – dont le prix s'élève à 30 000 francs pour chacun – ainsi que les huit boursiers qui reçoivent, eux, 50 000 francs, qui pour développer un projet, qui pour le poursuivre, qui encore pour perfectionner son métier et améliorer ses connaissances.

Fondée en 1980 par Antoine Leenaards, la fondation intervient dans le domaine de la culture, en soutenant des institutions grandes et petites ainsi que des artistes; dans le domaine social et celui de la santé, en encourageant, en particulier, le maintien à domicile des personnes âgées; dans le domaine de la science également, notamment la médecine. En 2003, le total des dons attribués s'est élevé à 7,15 millions de francs. L'importance des sommes que la Fondation Leenaards consacre aux lettres et aux arts fait d'elle l'un des principaux acteurs de la politique culturelle de la région lémanique. Depuis 1997, elle verse annuellement un demi-million de francs rien qu'en bourses à des artistes en voie de consécration. Et, depuis deux ans, elle y ajoute des prix qui soulignent le rayonnement d'une œuvre.

Alignés hier pour être présentés à la presse, les nouveaux boursiers – le baryton David Borloz, les peintres Philippe Decrauzat et Stéphane Fretz, le photographe Leo Fabrizio, le vidéaste-photographe Denis Savary, la mezzo-soprano Carine Séchehaye, âgés entre 23 et 38 ans, ainsi que leurs aînés, José-Flore Tappy, écrivain et poète, et Jacques Roman, écrivain, acteur et metteur en scène – auraient pu prendre chacun à son compte la remarque de José-Flore Tappy: «Un grand travail m'attend.»