«Adieu veau, vache, cochon, couvée.» Jean de Lafontaine, qui a su voir dans les animaux leurs esprits éclairés, a popularisé cette expression exprimant la désillusion. A Gimel, commune vaudoise où l’école-atelier Shanju s’est installée en 2017, on a envie de répondre «Bienvenue veau, vache, cochon, couvée!» Car, dans ce grand domaine où cohabitent en toute équité chiens, chat, chèvres, bouc, cochons, ânes, chevaux et humains, souffle un air de demain.

Bien sûr, à l’image de la spécialiste équestre et metteuse en scène Judith Zagury qui gère la place avec grâce, les humains, une dizaine de jeunes attachés à l’endroit, s’occupent des animaux. Ils les nourrissent et les nettoient, les soignent parfois. Mais le dialogue entre les deux mondes est basé sur une telle écoute et un tel plaisir que, très vite, on perd de vue les notions de propriété et de sujétion.