«Avec les vingt-et-une lettres de l’alphabet italien, c’est Galilée qui l’a dit, on peut dire toutes les choses de ce monde», écrit Giovanni Orelli. Et il semblerait que le poète tessinois, armé des lettres de cet alphabet, ait pris le parti de tout dire: sur lui-même, sur son temps, sur son monde – cette région reculée du Tessin à l’orée du Haut-Valais.

Ce qui impressionne au premier abord chez Giovanni Orelli, c’est la vigueur de la langue, qui embrasse la nature et les êtres avec un sens extrême du concret. Une qualité d’expression que l’on retrouve chez ceux qui, en plus de la langue nationale, maîtrisent un dialecte. On pense, en français, à l’écrivain occitan Max Rouquette, mais aussi au Gascon Montaigne; en allemand, au Bernois Jeremias Gotthelf ou au Bâlois Johann Peter Hebel; en italien, au Vénitien Biagio Marin et au Romain Giuseppe Goachino Belli, parfaits bilingues comme Orelli, qui n’hésitait pas à souligner «le rapport extrêmement vivace entre la langue et le dialecte».