L'émail est une poudre de verre qu'on fait adhérer à une plaque de métal, argent, or ou cuivre, par fusion à haute température. En fait, la poudre est un mélange de silice, de soude, de potasse, appelé fritte, auquel sont ajoutés des oxydes pour la coloration.

La peinture sur émail demande un premier fond émaillé, généralement en blanc. Les poudres d'émail teinté, mélangées à des essences grasses (huile de bois de santal ou de lavande), sont alors apposées avec un pinceau très fin (pour les miniatures). Après chaque couche, une brève cuisson appelée feu est effectuée. Une peinture peut compter une dizaine de feux. Invention genevoise du XVIIIe siècle, le fondant, émail transparent de finition, ajoute à la profondeur.

Les émaux, lors des cuissons, ont tendance à diffuser. L'effet peut être recherché. Mais grâce aux fils de métaux du cloisonné, les couleurs peuvent être contenues en un dessin précis. Les cloisons auront été légèrement enfoncées dans la base après une cuisson modérée. Elles forment des godets pour accueillir et retenir les teintes.

Le champlevé est une technique en creux. Une plaque de cuivre est gravée au burin ou à l'acide. Dans les creux, la pâte d'émail (poudre agglutinée avec de l'eau) est incrustée. Les cavités sont souvent remplies de plusieurs couches.

Le métal peut être aussi percé de part en part et l'émail moulé dans ces ouvertures sans fond. C'est le plique à jour. Avec des émaux translucides, il crée un effet de vitrail. Comme cette petite rosace montrée à Charmey.

Les couches s'additionnent. Et en prenant garde à la façon de les superposer, l'artiste peut créer un émail en relief. A l'imitation, souvent, d'un camée taillé dans une pierre fine.