Ce sont des habitués de la Cave 12, et on les félicite d’y revenir, année après année, encore et encore. Car leur concert genevois d’avril 2016 s’était traduit par un seul mot dans l’esprit de l’auteur de ces lignes: «Krakatoa» – tant la performance de ce collectif mancunien à géométrie variable alignait les lames de fond sonores et des progressions rythmiques qui étaient autant d’approches des gammes de la tectonique des plaques.

Le noyau de Gnod orbite autour de Paddy Shine, Chris Haslam, Marlene Ribeiro et Neil Francis. Sur scène, c’est tout un paradoxe de temporalités élastiques et d’entente intime entre les musiciens: un son massif, hypnotique, ondoyant, typique de la froideur d’un psychédélisme britannique qu’ils cultivent également en produisant d’autres musiciens (Raikes Parade, Michael O’Neill, Punctum, ou Negra Branca – le projet solo de Marlene Ribeiro) sur leur label maison, Tesla Tapes.

Improvisations-kidnappings

Les improvisations de Gnod sont autant de kidnappings tour à tour abyssaux et anguleux. Pour s’y préparer, on peut toujours se référer à leur monumental «Inifinity Machines» (Rocket Recordings, 2015 – près de deux heures de transe) ou à leur très récent et programmatique «Just Say No To The Psycho Right-Wing Capitalist Fascist Industrial Death Machine» (toujours chez Rocket), dans lequel on découvrira d’étonnantes noces entre la lourdeur plombée de Swans et la tension filiforme du post-punk british.


Cave 12, rue de la Prairie 4, Genève. Ma 25 avril à 21h.