L'adaptation d'un roman en film est une aventure en soi, humaine, artistique, aux rebondissements multiples. Cet été, nous passons en revue les plus belles de ces sagas.

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Prenez une belle plante (Brigitte Bardot), et un bel animal (Michel Piccoli), réunissez-les dans un paysage minéral et déchiré jusqu’à l’os (la villa Malaparte, sur les falaises de Capri). Concevez un film comme vous le feriez d’une sculpture. Voici la recette du Mépris, sorti sur les écrans en 1963. Godard l’indique dès le scénario: le drame entre Camille (Bardot) et son mari Paul (Piccoli) «vient de ce qu’elle existe sur un plan purement végétal, alors que lui vit sur un plan animal». Ajoutez à ce duel solaire la musique composée par Georges Delerue, d’une ample mélancolie brahmsienne, et vous obtenez un film devenu mythique.

L’histoire tient en quelques lignes, et c’est la manière dont elle est racontée et filmée par Godard qui importe. Paul est marié avec Camille. Il est scénariste sur un film adapté de L’Odyssée et tourné par Fritz Lang. Le producteur de ce film, Jérémie Prokosch, courtise Camille et Paul laisse faire. Camille commence à mépriser Paul pour sa lâcheté… Le Mépris raconte la fin d’un couple.