Alimentation

Le «Golden Latte», un faux café qui a la cote

La recette, mêlant lait et curcuma, fait fureur dans les capitales anglo-saxonnes. Mais le phénomène reste encore discret en Suisse romande

On le connaît avant tout pour ses pigments jaunes vifs, un brin salissants, dont on saupoudre nos tajines et autres poulets aux épices. Pourtant, le curcuma se réinvente et se retrouve aujourd’hui sous le feu des projecteurs… et dans nos tasses à café.

Mélangé à du lait d’amande ou de coco, il compose en effet la recette du «Golden latte», une boisson chaude que l’on présente depuis peu comme la nouvelle alternative au café. Plus sain car sans caféine, le breuvage est désormais servi dans de nombreux bistros branchés de Londres ou Sydney. Le quotidien anglais The Guardian le sacrait même, le mois dernier, «boisson de l’année 2016».

À l’origine, le curcuma nous vient d’Inde, où il est fréquemment employé pour assaisonner les plats et notamment les préparations au curry. Mais l’épice est également un pilier de la médecine traditionnelle indienne, qui lui reconnaît des vertus anti-virales et anti-bactériennes. On retrouve notamment le curcuma dans des remèdes artisanaux contre la fièvre, la toux et même le cancer.

Gustativement parlant, ce «safran des Indes» a toutefois peu à voir avec son cousin torréfié, l’arôme du «Golden latte» se rapprochant davantage de celui du non moins connu «chai latte».

Un effet de mode?

En Suisse romande, le mélange ne semble pas encore avoir fait son apparition. Au Boréal Café de Genève, la boisson épicée n’est par exemple pas à la carte. Son fondateur, Fabien Decroux, reste néan?moins ouvert aux nouvelles tendances, qu’il dit suivre avec attention. Mais avant d’être servi dans l’établissement, le curcuma devra d’abord faire ses preuves: «Si le résultat est intéressant au niveau du goût et de la texture, pourquoi pas. Mais il faudra aussi que nos employés le goûtent et l’approuvent!»

Jonathan, jeune barista travaillant depuis deux ans au Blackbird Café, à Lausanne, affirme quant à lui n’avoir jamais entendu parler du «Golden Latte». Et a priori, il ne croit pas trop au succès de la recette: «Je pense que c’est le genre de modes qui plaisent pendant trois jours mais qui ne sont pas faites pour durer». Selon lui, ce n’est pas de sitôt que les clients du Blackbird viendront réclamer un «Golden Latte» au comptoir. «En général, nos clients préfèrent les cafés classiques, sans chichi. Et de toute façon, ici, les tendances arrivent beaucoup plus tard que dans les grandes villes».

Si les photos du «Golden latte» fleurissent déjà sur les réseaux sociaux, il faudra visiblement patienter avant que le mélange ne rejoigne, en Suisse romande, les rangs des classiques expresso et autres cappuccino. Même si le curcuma trône probablement quelque part dans votre armoire à épices, entre le poivre et l’aneth.

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