Cristi, un policier roumain, débarque sur une île des Canaries. Il est accueilli par un chauffeur patibulaire qui le conduit jusqu’à une villa de luxe, où l’attend une femme fatale nommée Gilda. Sous le soleil espagnol, Cristi s’initie à un langage traditionnel sifflé. Une fois ce code maîtrisé, il pourra communiquer secrètement des informations permettant de faire évader un mafieux incarcéré en Roumanie.

En 2007, Cristian Mungiu remporte la Palme d’or avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Cette récompense marque le début de la nouvelle vague roumaine. Cristi Puiu ou Radu Muntean ont injecté du sang neuf dans la cinématographie mondiale. Poussés sur les décombres du communisme, leurs films se caractérisent par leur sécheresse stylistique, leur minimalisme et leur virtuosité en matière de plans-séquences.

Corneliu Porumboiu, le benjamin de cette génération désespérée, a frappé les esprits avec Policier, adjectif (une prise de position morale au sein de la police) et Le Trésor (une absurde course à l’argent). Avec La Gomera (Les Siffleurs), le cinéaste marque le pas. Formellement, son film peine à se distinguer d’une quelconque série policière du samedi soir. Bien sûr, la vieille paranoïa distillée par Ceausescu palpite encore et sous-tend les meilleurs moments, les face-à-face avec la caméra derrière le miroir (bonjour Docteur Mabuse), la corruption à tous les échelons. Mais la langue sifflée ressemble plus à un gadget qu’à un ressort narratif.

Le scénario est d’autant plus hermétique qu’il est bousculé par une chronologie confuse et les règlements de comptes autour de matelas remplis de billets de banque sont d’une terne banalité. On ne comprend pas grand-chose, ce qui est fâcheux. Mais le plus grave, c’est qu’on s’en fiche.