Fictions journalistiques

De Baltimore à Naples: la série cite «The Wire»

Les amateurs de The Wire, la ­série sur la lutte contre la drogue à Baltimore, souriront en découvrant Gomorra. Les auteurs italiens ont conçu la toute première séquence de leur série à l’identique de celle de Sur écoute, un bavardage anodin – sur le jeu et les mœurs américaines dans l’une, ­Facebook dans l’autre.

L’évocation n’est pas anodine. Si Roberto Saviano n’est pas directement scénariste de la série, il partage un fragment de parcours avec David Simon, créateur de The Wire, série qui s’est étendue en cinq saisons de 2002 à 2008. Lui aussi était journaliste, au Baltimore Sun, et il a d’abord utilisé sa matière pour la traduire en fiction. The Corner, sa première œuvre, matrice de The Wire, poussait même le réalisme plus loin, avec des acteurs locaux non professionnels.

La différence majeure réside dans le fait que Gomorra reste au cœur du milieu décrit, tandis que The Wire oscillait entre policiers et truands, avec en sus d’autres acteurs publics. Mais les parallèles demeurent, y compris dans les genèses respectives: des livres, ensuite adaptés. Au poids, avantage à David Simon. Publié en français en 2012 par Sonatine, Baltimore fait 936 pages, Gomorra, 356.