Un homme, une œuvre, un million d’exemplaires vendus. Rares sont les compositeurs classiques à avoir joui de leur vivant d’une telle diffusion. Le Polonais Henryk Mikolaj Gorecki étaient de ceux-là, même s’il s’est toujours défendu d’écrire pour satisfaire le plus grand nombre. Sa Symphonie N°3 dite «des complaintes» pour soprano et orchestre lui a valu une gloire tardive. Il est décédé à Katowice, dans son pays natal, à l’âge de 76 ans.

C’est en 1992 que Gorecki accède à la reconnaissance – jusqu’alors, il était surtout connu du cercle restreint des musiciens et des connaisseurs de musique contemporaine. Cette année-là, le chef David Zinman et le London Sinfonietta enregistrent sa Symphonie N°3 avec la cantatrice Dawn Upshaw. Succès inattendu pour cette pièce de 1976, qui reprend les inscriptions laissées par une adolescente sur le mur d’une prison de la Gestapo, à Zakopane.

Après s’être frotté au sérialisme dans sa première période d’activité, Gorecki, dès les années 1970, se fait l’apôtre d’un minimalisme qui le rapproche d’Arvo Pärt par la simplicité volontaire de son style. Il a produit des pages aux structures harmoniques élémentaires, teintées de mysticisme catholique et d’un lyrisme parfois emphatique. On lui doit notamment un Beatus Vir (1979) et un Miserere (1981) pour voix, ainsi qu’un Kleines Requiem für eine Polka (1993).