Présentation: Mathis Picard, par Arnaud Robert Il est né en 1995. A Grenoble. Enfance française, américaine, écossaise, voyageuse. Mathis Picard se lance en piano à 4 ans. Le classique, puis le jazz. Il vit aujourd’hui à New York où il étudie dans l’une des plus prestigieuses écoles du monde, la Juilliard School. A 19 ans, ce prodigieux musicien, capable de déjouer les standards les plus vicieux mais aussi de la jouer techno-house dans son projet Jaona, passe une semaine sur la riviera vaudoise. A la découverte de sa musicalité, mais aussi de son métier.

Le goût du silence

« J’ai décidé de ne plus parler de ma fatigue. Cela donne une mauvaise impression. Mais je me suis couché à 5 heures du matin, après avoir joué de la batterie avec Erik Truffaz, après avoir improvisé avec le groupe du musicien électronique Sébastien Schuller, bref, je suis crevé. Et je bois trop de café. Ce dont je me souviens surtout, hier, c’est de la rencontre avec Yaron Herman, un pianiste israélien qui vit à Paris et dont je connaissais déjà la musique. Il a donné une conférence, il nous a livré ses secrets de composition, d’une manière très mathématique. En jazz, on insiste tellement sur l’émotion qu’on en oublie parfois la structure. Il a évoqué le classique, les compositions de Ligeti ; notre culture en tant que musicien ne peut pas s’arrêter à un genre. Beethoven avait trouvé des solutions mélodiques dont on doit être conscient, au même titre que des techniques de Duke Ellington. Et puis, Yaron s’est assis au piano. Il a laissé du silence. C’est quelque chose auquel on ne pense pas toujours. Le silence, avant la musique. Ensuite, à table, on a raconté les pires blagues possibles. C’est ce que j’aime. Quand l’humour succède au sérieux. Yaron m’a pété la tête. Je suis encore retourné. Il m’en faut encore plus. »

Retrouvez ici tous le s précédents billets de Mathis Picard:

- Jour 1: dans le lit de Claude Nobs (31.10.2014)

- Jour 2: le boeuf et les artistes-entrepreneurs (01.11.2014)