Nicole Krauss nous a habitués jusqu’ici à des romans complexes, voire labyrinthiques: temporalité démultipliée, chronologies superposées, espace-temps brouillé ou troué, voix et narrations parallèles ou imbriquées. Il faut parfois se transformer en détective pour pénétrer dans l’architecture romanesque de l’écrivaine new-yorkaise et avoir une bonne dose d’intuition et d’intellect pour résoudre ses intentions originales. L’auteure de L’Histoire de l’amour (2006), La Grande Maison (2011) et Forêt obscure (2018) arbore plus de simplicité et de fluidité avec son nouveau livre, un recueil réussi de dix nouvelles, sans toutefois résister à flouter parfois encore le cadre temporel ou laisser la résolution de l’intrigue en suspension. On soulignera aussi le malin plaisir d’induire le lecteur en erreur avec le titre, Etre un homme.