Cinéma 

«Grâce à Dieu» échappe à la censure

Primé samedi à Berlin, le film de François Ozon était sous la menace d’une annulation de sa sortie en salles à la suite de deux plaintes pour atteinte à la présomption d’innocence. Deux plaintes rejetées par la justice. En France comme en Suisse, la censure a toujours plutôt été une affaire de morale

Présidé par Juliette Binoche, le jury de la 69e Berlinale a décerné samedi dernier son Grand Prix à Grâce à Dieu. Sans surprise, François Ozon a dédié la première récompense majeure de sa carrière aux victimes d’abus sexuels, expliquant que son film «essaie de briser le silence sur un problème qui existe dans beaucoup d’institutions».

Dans la foulée, il apprenait que l’avocat de Bernard Preynat, ce prêtre accusé d’abus sexuels sur mineurs, demandait l’interdiction du film tant que son client n’avait pas été jugé. Une demande rejetée par le Tribunal de grande instance de Paris. «Présenter durant deux heures comme coupable un homme qui n’a pas encore été jugé comme tel constitue une atteinte à la présomption d’innocence», a commenté le défenseur de Preynat, alors même que ce dernier n’a jamais nié les faits dont il est accusé.