Au sud du Brésil, le bord de mer est séparé de l'intérieur du pays par une chaîne de montagnes. Des fleuves énormes prennent leur source sur le versant ouest, à quelques kilomètres de la mer, et s'écoulent lentement sur des plateaux immenses avant de la retrouver. A Rio de Janeiro, la ville s'étendait autrefois entre la Baie de Guanabara et un massif usé par l'érosion. Au XIXe siècle, on décida d'en replanter les flancs sur des centaines et des centaines d'hectares. Maintenant, Rio a mangé la montagne qui s'élève au centre de la ville, jusqu'à mille mètres d'altitude.

En montant, on sort lentement d'un nuage gris de pollution et d'une touffeur humide. La forêt tropicale est un parc public et sauvage. Les végétaux se montent les uns sur les autres et produisent des couloirs nocturnes. Les feuillages exhalent l'oxygène et l'Odeur. Des colibris boivent les gouttes de rosée. Une troupe de singes parfois s'immobilise en entendant vos pas. Un tatou, noir et articulé comme un tuyau de poêle, vous regarde passer de ses deux yeux rapprochés.

Et bien plus haut, un cobra corail immobile barre un chemin de ses anneaux colorés, noirs, jaunes, et rouges, comme un collier oublié là par une jeune fille.

A la suite de l'exposition consacrée à la Beauté en Avignon, «Le Temps» se met en chasse d'instants de beauté sur les scènes culturelles de l'été.