Samedi soir à Genève. D'abord, il y a cette présentation figée que récite Fredy Knie Jr à propos de la tradition du cirque. L'ennui se profile. Puis l'homme se tait. Alors, voilà le cirque, bien vivant, rythmé, souvent drôle, et surtout poétique. Fredy Knie Jr fait entrer les zèbres de Grant, les frisons hollandais à la longue crinière tombant sur un seul côté et les pur-sang arabes pour un étonnant ballet noir et blanc. Puis il y aura les blanches colombes paons aux plumes frisottantes de Mary-José Knie croisant Vaquero, l'étalon andalou de Géraldine-Katharina. Et encore la même jeune écuyère, belle et forte, debout, chaque pied sur le dos d'un frison massif, menant au galop, au bout de longs rubans, dix étalons arabes. Il y aura aussi Yelena Larkina, femme serpent ondulant dans ses cerceaux, et ses compatriotes russes, les huit athlètes du groupe Peresvony dans une chorégraphie aérienne parfaite de simultanéité. Tous gymnastes de haut niveau reconvertis aux excentricités de la piste.

Entre deux, il y a eu aussi un petit bout d'chou en tutu blanc, tutoyant, caressant les éléphants en compagnie des Franco Knie père et fils. Elle rit en glissant son petit corps tout plein de confiance sous un gros pied de pachyderme. Elle s'appelle Pauline et sa mère, agitée comme une grande adolescente en tee-shirt dans les gradins, a pour nom Stéphanie. La princesse et sa fille sont là incognito…