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Vue de la face du Grand Théâtre de Genève.
© SALVATORE DI NOLFI/KEYSTONE

Scène

Le Grand Théâtre sauve sa future saison, mais perdra 2 millions

Le retard dans les travaux de la grande maison entraînera un manque à gagner de 2,248 millions pour la saison 2018-2019. Présidente de sa fondation, l’avocate Lorella Bertani estime que la facture aurait pu être plus salée

Pour les uns, c’est une fausse note alarmante. Pour les autres, un dérapage contrôlable. La saison 2018-2019 du Grand Théâtre – oui, la prochaine, pas celle en cours – risque de se solder par un manque à gagner de 2 248 000 francs. Et tout cela à cause d’une infiltration d’eau à la hauteur de la nappe phréatique, annoncée le 13 octobre dernier. La conséquence? Prévue pour septembre, la réouverture de la maison de la place de Neuve était reportée au mois de janvier 2019. La fondation de l’institution et sa présidente Lorella Bertani ont évalué le coût de ce caprice du destin: un peu plus de 2 millions, certes, mais la saison est sauvée.

Les grandes manœuvres

«C’est une mauvaise nouvelle, explique l’avocate Lorella Bertani, mais ces 2 248 000 francs représentent moins que ce qu’on pouvait craindre au départ. La saison 2018-2019 aura bien lieu, à l’Opéra des Nations d’abord, au Grand Théâtre ensuite, grâce au travail du directeur Tobias Richter, à ses équipes et à celui de l’OSR. Le tour de force doit être salué: une saison s’anticipe trois ans à l’avance; l’OSR, qui fête ses 100 ans, et le Grand Théâtre avaient planifié leurs programmes; ils ont remanié leur saison en quatre mois à peine, ce qui est exceptionnel.»

Le «Ring» sauvé des eaux

Le terrain était pourtant marécageux. Le Ring de Wagner devait prêter ses orages titanesques à la réouverture de la maison, place de Neuve. Les contrats étaient signés, les jours de répétition calés. Mais impossible d’envisager cette production à l’Opéra des Nations, dont la scène ne présente pas les équipements nécessaires. «Tobias Richter n’avait pas la possibilité de reporter des productions sur la saison 2019-2020 qui sera celle de son successeur, Aviel Cahn. Dans ce contexte compliqué, il est parvenu à déplacer au printemps le Ring, reprise d’une production très appréciée du public.»

Des solutions à trouver

Mais comment combler ce manque à gagner – 1 178 000 dus à la modification des contrats et aux annulations, 1 070 924 résultant de la billetterie? «Il s’agissait d’abord de chiffrer cette perte, rassure Lorella Bertani. A présent, nous allons réfléchir à des solutions, avec le soutien de la Ville qui est propriétaire du bâtiment.»

Le risque des ailes coupées

A Anvers, Aviel Cahn, qui succédera à Tobias Richter à l’automne 2019, s’est sans doute demandé, à peine informé de cette tuile, dans quelle galère il s’était embarqué. Cette perte est-elle de nature à grever la première saison du directeur actuel de l’Opéra des Flandres? «Non, assure Lorella Bertani. Ce qui risque de la fragiliser en revanche, ce sont les 3 millions promis par le canton, que le Grand Conseil refuse toujours de voter.» Ça, ce n’est pas une farce du destin. C’est un geste politique de nature à couper les ailes du futur pilote de la maison.

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