On découvre Iya, la grande fille, sur pause: elle est debout, absente, les yeux dans le vide, émettant un petit son guttural. Et puis elle revient à la vie et reprend ses activités d’aide infirmière dans un hôpital de Stalingrad. C’est le premier automne après la guerre et l’URSS est en ruine.

Iya s’occupe de Pashka, un adorable petit garçon avec lequel elle entretient une relation fusionnelle. Un jour, son amie Masha revient de la guerre pour récupérer son fils. Il est mort. Comment? On ne le saura pas, on en est réduit à une hypothèse absurde et douloureuse car Une Grande Fille préfère l’évocation à l’explication, l’image au discours. Mais tant d’enfants ont perdu la vie qu’on a cessé de les pleurer. Le récit se construit sur l’absence de Pashka. Iya, dite La Girafe, et Masha, rousse comme un renard, vont manigancer pour remplacer l’enfant disparu.