Les discours d'Henri Lopes ne sont pas aussi simples que le prétend le sous-titre de ce recueil. Pas plus que ne l'est la «triple identité» de l'auteur, qui, selon lui, en cache des milliers d'autres. Congolais par son père, «international» de culture, francophone grâce à sa mère bretonne et à la colonisation française, il revendique aussi une identité personnelle, «la signature de l'écrivain». Ses livres explorent la veine grinçante, burlesque du «roman du dictateur» mettant en scène des potentats africains. Dans plusieurs textes autobiographiques, il est revenu sur la question de l'identité. Dans ce recueil, il décrit avec humour son expérience de ministre de l'Education, quand il tenta de remplacer le français par les langues nationales, se heurtant à l'opposition de toute la population. Aujourd'hui, il le considère comme «langue africaine», nuançant le concept de négritude, trop étroit, qu'il avait déjà critiqué en 1969, lors du premier festival culturel panafricain à Alger, lui qui dit écrire pour assumer, justement, cette négritude.