Festival de Locarno

«Greener Grass»: un cauchemar bubble gum

Il a sonné le premier coup de Crazy Midnight sur la Piazza Grande. Réalisé et interprété par deux filles sérieusement azimutées, ce gâteau fourré de dingueries malmène le rêve américain

Pistache, fuchsia, vanille, citron, lavande et plus kitsch encore, leurs vêtements ont des couleurs de gâteaux américains. Frappés de délire orthodontique, ils portent tous, comme un signe d’appartenance, un appareil dentaire. Au générique de début s’affiche d’ailleurs un sourire éclatant quoique corseté dont la niaiserie ostentatoire fait peur. Ils vivent au cœur du cœur de l’American Dream, une de ces zones suburbaines ripolinées que le cinéma raille régulièrement – qu’on se souvienne de Bienvenue à Suburbicon, de True Stories de David Byrne, sans oublier Wisteria Lane, home des Desperate Housewives.

Là où l’herbe est définitivement plus verte qu’ailleurs, c’est une société matriarcale. Les femmes préparent des pâtisseries monumentales et autres plats cuisinés à sept couches de cholestérol. Bimbos et tigresses à la fois, elles exhibent leur réussite sociale de toutes les manières possibles. Les maris sont lisses comme des savonnettes, benêts et ventripotents – l’un a pour hobby de boire l’eau de sa piscine, tellement elle est pure…