La «new rave» est en marche. Dans un premier temps, ce terme appelle une définition simple. Il s'agit du groupe anglais Klaxons. Dans un deuxième geste, la description de leur style, difficilement contenu dans leur album Myths of the Near Future, est plus complexe.

Klaxons, comme il se doit à l'ère Myspace et Youtube, propose un package image-son. Pour l'image, pas de quoi laisser sa tête tourner. Les trois tout jeunes Britanniques, suivis par des hordes adolescentes, recyclent des audaces qui avaient le front d'être passables dans les années 80: graphisme d'informatique à deux pixels, fluo surtout. Les tignasses méchées impressionnent. Mais rien de «new» ici et, abstraction faite des bâtons fluorescents moulinés lors des concerts, peu de «rave».

La musique quant à elle autorise effectivement la perte d'équilibre critique. Les sirènes synthétiques de la rave des années 90 se trouvent bel et bien décalquées sur les guitares. Mais si Klaxons reprend Not Over Yet 99 de Perfecto Allstars, s'il s'essaie à l'hymne des fêtes de fin de siècle passé avec The Bouncer de Kicks Like a Mule, leur rock tient plus d'un punk revu et corrigé par une pop optimiste que de la sombre came aux grosses ficelles dancefloor.

Acide plutôt que cocaïne

Les fluettes 35 minutes de l'album sont plus redevables aux stratégies contemporaines de The Rapture qu'aux impératifs datés de The Prodigy. Reste l'extraordinaire psychédélisme du rock extatique de Myths of the Near Future. Un choc, tout de même, dans le paysage du rock dansable des cinq dernières années. Là où les autres groupes marchent, dans l'esprit, au froid survoltage de la cocaïne, Klaxons fonctionne aux épiphanies brutales de l'acide. Jamie Reynolds, Simon Taylor et James Righton ont pour eux une excentricité artistique qui pourrait bien marquer son temps. Et aux critiques, nous proposons à notre tour un terme moins sexy mais plus fidèle: «néo-super».

Klaxons, Myths of the Near Future (Polydor/Universal).