Le groupe constitué autour du quotidien français Le Monde, de nouveau bénéficiaire, lorgne désormais vers l'Afrique et ambitionne de devenir "le grand média de la francophonie", ont déclaré à Reuters deux de ses dirigeants ou actionnaires.

Sous la houlette du trio d'investisseurs qui sont devenus en novembre 2010 ses principaux actionnaires, Pierre Bergé, Xavier Niel, le directeur général de Free, et le banquier d'affaires Matthieu Pigasse, il a été un précurseur du mouvement actuel de concentration et de consolidation des médias français.

Ils appartiennent à une génération d'entrepreneurs "qui considèrent (...) qu'il n'y a pas de fatalité à ce que les médias soient déficitaires, à partir du moment où on accepte de les gérer comme des entreprises et qu'on est prêt à innover", explique Louis Dreyfus, président du directoire du Monde.

Coûts diminués

"On a baissé les coûts, créé un magazine et un cahier consacré à l'économie et l'entreprise, triplé le nombre d'abonnés numériques et doublé le prix moyen de l'abonnement numérique, fermé l'imprimerie et racheté L'Obs", ajoute-t-il.

Ce groupe, qui a perdu dix années durant environ 10 millions d'euros par an, devrait afficher en 2015 un bénéfice consolidé de l'ordre de quatre millions d'euros, fait-il valoir.

La fermeture de l'imprimerie a entraîné la suppression de quelque 300 emplois, auxquels s'ajoutent notamment des départs dans les services administratifs, dont l'impact économique se fera pleinement sentir en 2016.

"L'an prochain (...) on sait qu'on a une perspective de résultat entre plus dix et plus 15 millions d'euros", ajoute Louis Dreyfus. "Ça veut dire qu'on peut réinvestir."

Matthieu Pigasse, directeur général de la banque Lazard en France, juge atteint l'objectif qu'il s'était fixé avec Xavier Niel et Pierre Bergé pour Le Monde.

Indépendance garantie

"L'indépendance de la rédaction est garantie et la restructuration financière du journal a été achevée", a-t-il déclaré à Reuters. "Nous avons démontré que le groupe, et donc des investissements dans les médias, pouvaient être rentables."