Depuis que Renaud Capuçon a repris les rênes des Sommets musicaux de Gstaad, on sent sa patte sur la programmation. Entendez que ses affinités musicales, ses fidélités artistiques et son goût pour la défense des jeunes musiciens trouvent ici, comme à Aix-en-Provence ou dans les autres festivals qu’il a dirigés, le même enthousiasme, la même chaleur, la même générosité.

Pour sa troisième saison à la tête de la manifestation, et la 18e édition placée sous le mentorat du violoncelliste Daniel Müller-Schott, la délicieuse chapelle et l’église moderne abriteront 17 concerts intimistes pendant neuf jours.

Le violoncelle à l’honneur

Cette année, quelles nouvelles au programme? D’abord, la mise à l’honneur du violoncelle, qui animera la chapelle chaque jour à 16h sous les archets de jeunes et talentueux musiciens à découvrir, suivre ou retrouver sur le site du festival. Ensuite, la résidence du compositeur Benjamin Attahir, lui aussi très jeune et sollicité.

Né à Toulouse il y a 29 ans, le Français opte pour la composition après des études poussées de violon. Viennent de nombreuses distinctions. Puis Benjamin Attahir est rapidement programmé dans les plus grandes salles internationales. Les festivals et les orchestres se l’arrachent.

Création suisse

Avec deux opéras à son actif et un troisième en gestation, des concertos et autres partitions symphoniques ou chambristes, l’ex-pensionnaire de la Villa Médicis puise son inspiration entre l’Orient et l’Occident. Les Sommets musicaux lui ont commandé une œuvre, pour violoncelle évidemment. Après l’ineffable sera joué par chacun des huit jeunes instrumentistes en lice l’après-midi, et Renaud Capuçon donnera Swimming is not swing pour violon seul, en création suisse lors d’une des soirées à l’église.

Quant à l’éclat de l’affiche, il est garanti par des artistes de grand renom, tels le charismatique Daniel Müller-Schott (avec l’Orchestre de chambre Wien-Berlin), les pianistes Radu Lupu (dans le 21e Concerto de Mozart…) ou Nelson Freire en récital.

Partage

La génération montante sera défendue par le violoniste Daniel Lozakovitch, du haut de ses 17 ans, le clarinettiste Andreas Ottensamer en quintette, le violoncelliste Edgar Moreau et le pianiste David Kadouch en duo, et la soprano Christiane Karg.

Tout ce beau monde a été réuni par le plus actif et partageur des musiciens français, que la HEM de Lausanne a l’avantage de compter parmi ses professeurs. Sa nouvelle édition s’annonce légère et fraîche, profonde et belle, comme la neige qui est tombée en abondance ce mois.


Sommets musicaux de Gstaad, du 26 janvier au 3 février. Rens. 022 738 66 75, www.sommets-musicaux.com